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    Essais longue durée : la Ferrari Mondial Cabriolet 3.2 de Chagui


    chagui

    La Ferrari Mondial Cabriolet n'est peut-être pas la plus aimée des Ferrari mais pour rouler dans votre Ferrari en écoutant le son du V8 cheveux aux vents, avec toute votre famille, pour un budget d'achat et d'entretien raisonnable, avec le plein de sensations dès les basses vitesses, il n'y a pas mieux ! Produite de 1983 à 1993, la Ferrari Mondial Cabriolet est rare. Le retour d'expérience d'un propriétaire est là aussi indispensable pour savoir choisir le bon exemplaire. @chagui est tombé dans le monde Ferrari quand il était petit et est donc un vrai passionné comme on les aime sur Ferrarista. Découvrez son histoire passionnante et ses conseils suite à l'achat de sa Ferrari Mondial Cabriolet 3.2.

     

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    @FranckQuel est ton parcours automobile et pourquoi avoir choisi cette Ferrari ?

     

    @chagui J'espère que les lecteurs ont le temps car pour répondre à cette question je vais devoir vous raconter ma vie … Comme Obelix, je suis tombé dedans quand j’étais petit. On dit souvent que les premiers souvenirs s’établissent vers l'âge de 3 ans, pour ma part c est un peu antérieur: le plus vieux souvenir de ma vie est directement lié à Ferrari, il s’agit de l'exposition Ferrari à la fondation Cartier en 1987, où notamment, une grande partie des collections Bardinon et Setton étaient exposées. Quelles merveilles ! Il y avait d ailleurs dans les jardins, sous l’une des montgolfières, une Ferrari Mondial Cabriolet 3.2 ...


    J’avais fait le trajet de Bastia à Paris sur les genoux de ma mère, dans la Ferrari 308 GTB de mon père, chose impensable aujourd’hui ! Je faisais signe à mon père en ouvrant mes mains pour lui demander de sortir les phares escamotables… Mais mon virus Ferrari est encore plus vieux, c'est dès mes premiers jours que mes parents me promenaient dans mon couffin à l’arrière de la Ferrari 365 GT 2+2 que mon père avait achetée quelques mois avant ma naissance (et qui est toujours dans sa collection). Et c’est naturellement que j’essayais d’imiter le V12, bien avant de savoir parler !

     

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    Les week end de mon enfance étaient souvent rythmés par les sorties de club de voitures anciennes, surtout que la Corse est propice à la venue de nombreux rallyes. Enfant je me souviens d’avoir admiré les Ferrari California SWB d’Antoine Midi et Brandon Wang garées au bord de la route dans le village de Venaco, lors d’un Rallye Story ! J’ai également pu faire la visite du Mas du Clos, j’avais 5 ou 6 ans, et j'avais stupéfié le conservateur de la collection Bardinon qui nous faisait la visite, car je savais faire la différence entre une P4 et une P3/4, en l‘ occurrence #0848 et #0860 qui étaient côte à côte, au fond d'une des pièces de son musée.

     

    Enfant j’adorais aussi regarder en boucle la VHS de la collection de Jacky Setton, et notamment une voiture qui m’a toujours impressionné, à savoir sa Ferrari 308 GTB Gr4 Pioneer. Quand à l’âge de 16 ans, je suis tombé sur une annonce d'une Ferrari 308 Gr4 aux couleurs Pioneer, je me suis empressé d’apporter le magazine à mon père en lui justifiant à quel point il serait génial qu’il arrive à négocier cette voiture. Et quelques semaines après, en échange d'une jolie soulte, d’une Porsche Carrera 3.0 et de sa Ferrari 308 GTB (de série) il revenait avec cette merveille, qu’il a toujours aujourd’hui. En 2005, il s’offrait un autre bijou, à savoir une Ferrari BB512 Competizione préparée par Bacchelli et Villa.  Et pour terminer une Ferrari 360 Modena en 2015.


    Comme tu le vois, il était naturel pour moi de m’orienter sur Ferrari. J’ai donc choisi un métier, à la fois passion, et me permettant d’atteindre mon objectif premier, à savoir m’offrir une Ferrari le plus tôt possible ! Passionné par la navigation, j’ai commencé un cursus d’Officier de Marine Marchande et avec mes économies de jeunesse et mes premiers salaires d’élève officier puis de lieutenant, je comptais m’offrir mon rêve, à savoir une Ferrari 308 carbus. À 22 ans, n’ayant pas encore le budget pour une Ferrari 308, je me suis laissé prendre au jeu d’une enchère Ebay, et en quelques heures je me suis retrouvé propriétaire d un coupé Ferrari Mondial 3.2 en Belgique pour seulement 20 000€. C’était en 2006. Elle affichait 160 000 km au compteur mais présentait très bien. Un ami de mon père, collectionneur Belge, est allé nous confirmer son bon état apparent et quelques jours plus tard mon père et moi montions la chercher. Je n’avais jamais flashé sur cette auto, mais je trouvais le look de la 3.2 et de la T bien plus plaisant que la 8 ou la QV. 

     

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    L'avantage de la 3.2 par rapport à la T est bien entendu la facilité d accès des courroies. J‘ai alors découvert une auto de très grande qualité, bien finie, elle était comme neuve malgré son kilométrage et tournait comme une horloge. Bonne tenue de route et stable dans les virages rapides. Moteur souple et nerveux. Honnêtement, que des qualités ! Mais je conservais mon rêve de Ferrari 308 et moins d’un an après je tombais sur une GTS carbus rouge à Porto Vecchio. Comme souvent dans ce genre d’achat, il se crée une affinité entre le vendeur et l’acheteur et ce Monsieur m’a gardé la voiture le temps que je vende ma Mondial. J’avais également acheté entre temps une Alfa Spider 2L de 1973 et j’ai réussi à faire du bénéfice sur ces deux ventes pour me payer cette 308.

     

    Malheureusement 5 ans plus tard j’ai eu un accident avec et j’ai tordu le châssis. Après réflexion et en ayant vu des devis supérieurs au prix de la voiture à l’époque (en 2013) j'ai préféré revendre la voiture en ayant sélectionné le seul acheteur qui souhaitait la restaurer plutôt que de la vendre en pièce détachées… Ce fut un grand déchirement pour moi. Je comptais m’en reprendre une autre, voir une Ferrari 328 ou Ferrari Testarossa, qui étaient encore abordables à ce moment-là, mais début 2014 a eu lieu la vente Baillon et le début d’une flambée qui a rapidement triplé le prix des voitures qui m'intéressaient. Entre temps, j ai acheté une maison, me suis marié et en 2015, n’ayant toujours pas le budget, j’ai flashé sur une Jaguar XJS V12 cabriolet beaucoup plus abordable.

     

    5 ans plus tard, ma femme enceinte de notre deuxième enfant, et la Jaguar n’ayant que 2 places je décidais de rechercher le meilleur compromis tout en revenant vers Ferrari. Mon très bon souvenir de la 3.2 et mon budget m’orientaient vers cette auto. Mais question ligne et rareté, ainsi que plaisir de conduite cheveux au vent en Corse, je voulais absolument un cabriolet. Je la trouve en effet plus élancée et élégante dans cette version. Il n’y a qu’un peu plus de 300 exemplaires en version européenne et conduite à gauche, et puis c est la seule Ferrari ayant servi à transporter un Pape ! On n’en trouve rarement plus d’une ou deux en vente en France et il m’a fallu de la patience pour en trouver une, ainsi que pour vendre la Jaguar. Heureusement je suis tombé sur un professionnel et vrai passionné, Christophe Macé, de la société 312 Classic. Nous avons discuté une reprise de la Jaguar et sommes tombés d’accord sur une soulte pour effectuer cet échange. Là encore, l’affinité entre nous a été un point déclenchant et Christophe Macé a bien compris que je comptais à mon tour transmettre ma passion à mon fils qui attendait cette Ferrari et que nous devions absolument faire affaire.

     

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    @Franck : Quelle en est ton utilisation ? Depuis combien de temps ?

     

    @chagui : J’utilise très peu mes voitures de collection, quelques centaines de kilomètres par an. Jamais sous la pluie ou sans savoir où les garer sans risque. Uniquement pour du pur plaisir ou pour ne pas la laisser trop longtemps sans rouler. Je l'ai depuis peu, fin 2020. Je vais parfois juste soulever sa bâche dans le garage pour la regarder…

     

    @Franck : Quels étaient tes critères d’achat pour cette Ferrari et comment as-tu trouvé cet exemplaire ?

     

    @chagui : Comme évoqué plus haut, je voulais absolument un modèle européen, avec ses jantes d origine et en très bon état. Je déteste les Ferrari Mondial avec des jantes non TRX. Pas de combinaison de couleur vraiment précise même si je ne pense pas que j'aurais succombé pour une noire ou une blanche. L’expérience de ma précédente Ferrari Mondial avec ses 160 000 km ne me faisait pas craindre un fort kilométrage car bien entretenue, elle le supporte très bien.

     

    Cependant, je ne pouvais pas mieux tomber. La mienne avait seulement 38 000 km, 1ère main jusqu’en 2018 où elle avait appartenu à l'épouse d'un collectionneur italien. Elle fut ensuite rachetée par Colombo Challenge à Marseille qui la revendit dans l’année à 312 Classic de la Baule, après une révision générale. La voiture possède son carnet d’origine également. Christophe l’a un peu utilisée puis elle est arrivée dans mon garage. J'ai fait quelques travaux cosmétiques (voir forum « detailling de ma Mondial » sur Ferrarista) pour lui redonner du brillant et gommer les quelques défauts dûs au temps mais elle était déjà en superbe état. J’ai acheté un siège auto Ferrari pour emmener mon fils de 4 ans en promenade, une housse Dustcover, complété sa trousse à outil et la voilà état concours !

     

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    @Franck : De suite après l’achat, qu’est-ce-qui t’a le plus marqué au volant de cette Ferrari ?

     

    @chagui : Vu qu’elle a peu roulé ces dernières années, j’ai remarqué que les pneus sont très secs. Il n’y a même pas l'année inscrite dessus, ce qui veut dire qu'ils ont plus de vingt ans. Bien que d’apparence neufs, j'ai prévu de les changer car je sens bien une différence d'adhérence et de précision par rapport à mon ancien coupé 3.2. 
    Sinon c'est un vrai plaisir de retrouver les sensations d'une Ferrari, surtout après avoir eu une voiture de cruising comme l’XJS.
    Cependant je reste prudent avec, je veux la conserver dans le meilleur état possible.

     

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    @Franck : Peux-tu nous parler des coûts induits pour une utilisation normale de cette Ferrari (assurance, entretien annuel, grosse révision, imprévus, etc.) ?

     

    @chagui : Généralement j’effectue un maximum de choses moi-même ou avec l'aide de mon père et d’amis mécaniciens. Cela fait partie du plaisir de ces autos anciennes et de mon choix d’éviter les voitures trop complexes. Mon père est très bien équipé en outillage (2 ponts, chèvre, vérins de fosse et d'innombrables panoplies d'outils…). On peut à peu près tout faire. En cas de conseils précis, nous sommes amis avec Philippe Gardette ainsi qu’Antoine et Marc Leone, tous reconnus comme étant des experts dans ce domaine.


    Pour l’assurance, elle est en tous risques pour environ 700€ par an. La carte grise est collection.


    Pour le moment, j’ai juste eu un petit souci de moteur qui se noyait parfois lors de démarrages semi-chauds. J’ai soupçonné l’injecteur de démarrage à froid. Je l’ai débranché électriquement et depuis tout va bien. Je redoutais du coup les démarrages à froid en hiver mais elle part quand même au quart de tour. Il n'est donc pas très utile au final !

     

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    @Franck : Et si c'était à refaire, que changerais-tu ?

     

    @chagui : Rien ! Elle est parfaite pour mon utilisation.
    Je ne pense pas qu'il y ait une Ferrari plus polyvalente, fiable et si peu chère à l'achat et à l'entretien que celle ci ! 

     

    @Franck : Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un recherchant cette Ferrari ? Quels sont ses défauts ? A quoi faire attention ? Quelles améliorations peuvent être à prévoir ?

     

    @chagui : Être patient ! Comme évoqué, c'est un modèle rare. 
    Si vous n’êtes pas fan de son design, allez en voir une en vrai. Les Ferrari rendent toujours mieux en vrai qu’en photo, et surtout essayez-la, vous serez conquis.


    La conduite est old school, ça reste viril par rapport aux modernes et les sensations sont présentes même à faible vitesse. Cependant elle reste très douce si on ne la brutalise pas comparée aux Ferrari à carburateurs.
    Si l’aspect d'une version US ne vous dérange pas alors vous pourrez en trouver à plus bas prix. La mécanique est fiable et si elle a été entretenue et qu'il n y a pas de corrosion alors tout devrait bien se passer.


    C est une voiture simple et la capote est manuelle. C est un gros avantage quand on connaît le prix des mécanismes des capotes électriques des Ferrari récentes (dès la Ferrari F355) et surtout la galère que c'est quand ça tombe en panne au milieu de la séquence ! L’inconvénient sur la Ferrari Mondial est que la capote est longue et la cinématique un peu complexe par rapport à une deux places. Pas facile et pas rapide à manipuler. Et une fois pliée bon courage pour clipser toutes les pressions du couvre capote ! Perso, il y en a toujours une que je n’arrive pas à mettre car tout est trop tendu. Ça crée un flottement à haute vitesse. Si quelqu’un a une solution, je suis preneur…


    Par conséquent je décapote en mai et recapote en octobre, comme ça je ne m’ embête pas trop 😉
    Également veillez à ce que la capote soit tendue au maximum lorsque fermée sinon il n’y a aucune étanchéité sur le haut du pare brise.

     

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    @Franck : Comment utilises-tu Ferrarista pour ton expérience avec ta Ferrari ? Que t'apporte la communauté Ferrarista ?

     

    @chagui : C'est génial de retrouver tous ces passionnés. Je m’en sers surtout pour le partage d’informations techniques quand je suis en galère ! Il y a beaucoup de connaissances dans cette communauté. Et de bienveillance. Je ne connais pas mieux dans le milieu ferrariste.
    On n’est pas dans un milieu snob, de proprios cherchant un signe extérieur de richesse,  je ne vois que des vrais passionnés et amoureux de la marque.

     

    @Franck : Merci @chagui pour ton retour d'expérience très intéressant à lire ! Si vous possédez une Ferrari Mondial Cabriolet, quelle est votre expérience avec ce modèle et quels autres conseils apporteriez-vous ? Si la Ferrari Mondial vous intéresse, quels éléments souhaiteriez-vous connaître en plus ?

     

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    Merci @chagui. Un très beau témoignage et je partage ta philosophie d'être l'heureux propriétaire d'une Ferrari. Depuis longtemps, la Mondial est mal aimée et moi je pense à m'en acheter une pour ses 4 places et sa version cabriolet.

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