Merci beaucoup pour vos très sympathiques commentaires et encouragements qui font plaisir à lire. Pour répondre à vos questions concernant mes impressions, cette auto distille un plaisir subtil, et la puissance surabondante (442 ch quand même) n'explose pas à la figure, ni ne vous jette de la poudre aux yeux inutilement. Non, pour exprimer au mieux ce qu'il en ressort, on pourrait utiliser la fameuse expression de "puissance suffisante" chère à Rolls-Royce, mais qui doit être fortement édulcorée par l'existence d'une rage et d'une hargne moteur exceptionnelle à mesure que le compte-tours s'affole (c'est à dire "loin"). C'est une voiture très atypique. On n'est pas dans le luxe teuton. On est dans autre chose. On est assis sur un châssis d'enfer, une précision excellente, un retour d'informations qui n'a rien d'une autoroutière. Cependant, le poids est bien là. Si le moteur le fait disparaître comme par enchantement dans les translations longitudinales, et en virage à faible vitesse, l'inertie est là, et les courbes rapides, les freinages appuyés vont rappellent très vite à l'ordre. Evidemment, le monument qu'est la grille augmente sensiblement le plaisir et la sensation d'exception, les reprises sont transcendantales, vous propulsent de 60 à 300 km/h en 6e sans coup férir, les hurlements aigus du V12 à l'approche de la zone rouge sont fantastiques. En résumé, on est dans un "écrin sportif", avec un châssis d'authentique sportive, mais tout nu, en prise directe, "demerden Sie sich", vous avez tous les outils pour faire du super boulot mais faites pas trop l'idiot parce qu'on est pas là pour faire de la magie avec de l'électronique et des comportements volontairement sécurisants. Bienvenu dans le monde de la pureté. Pour imager, on pourrait imaginer un peu une grosse teutonne d'aujourd'hui, puissante à souhait, confortable et feutrée, mais débarrassée de son lourd châssis sous-vireur en le remplaçant par un vrai châssis de sportive, sans aide, sans fioriture. Juste un volant et trois pédales. Bienvenue dans le monde du luxe version Ferrari. Je vous passe bien évidemment les plaisirs subtils de la marque au cheval cabré à la sauce 80's-90's, où les éléments artisanaux assemblés à la main couraient avec pertes et fracas après une concurrence maîtrisant parfaitement une technologie industrialisée, millimétrée et sans surprise, bref moderne; cela vous rend une voiture avec une sensation d'hétérogénéité bizarre où l'on appuie pas trop fort sur les commandes électriques, où les fenêtres ferment bien jusqu'à 80 km/h mais laissent un jour immense si vous avez fait l'erreur d'attendre trop longtemps la relance après le péage, où la fermeture de l'immense capot est un acte demandant doigté, souplesse, délicatesse et humilité, où l'on apprend que c'est normal si le moteur se met à pisser l'huile sur les bougies tous les X kms parce que le joint ceci-cela, où vous vous persuadez que tripoter un vulgaire commodo de fiat fait "aussi" partie des moments rares d'une vie, que c'est une voiture à l'aise sur autoroute, mais qui aime tellement la ville qu'il devrait être inscrit dans le manuel d'utilisation de faire construire un garage à l'écart de tout risque d'embouteillage environnant, qu'avoir les mains noires n'est pas l'apanage du meccano mais aussi du Propriétaire qui fait basculer le siège pour y installer le passager arrière, j'en passe et des merveilleuses. Je savais, on sait de toutes façons pourquoi on signe en bas, c'est artisanal, c'est comme l'Haussmannien, on entend les enfants gueuler le dimanche matin 8h00 en bas,en haut,à gauche,à droite, mais c'est beau et agréable, et on est content parce qu'on a quelque chose à raconter à ses potes à l'Autopassion de la Porte d'Orléans entre le plat et le dessert. Concernant la couleur, j'étais arrêté sur un bleu Swaters, couleur de présentation créée pour l'évènement, s'approchant du Bleu Tour de France mais avec des reflets pourpre, et légèrement plus clair. J'ai vu des bleu Tour de France, des bleu Silverstone etc... Finalement, en tombant sur ce Scuro, Madame a adoré cette couleur plus sombre, plus chic, plus subtile et donc collant bien à la philosophie 456GT. L'état intérieur est proche du zéro faute sur celle-ci, couleur tan bien entendu, moquettes "Castoro"; j'ai volontairement fui la couleur Magnolia que je trouve trop difficile d'entretien et très clinquante sur du bleu marine. Ceci-dit, les mauvais goûts de tout le monde ne regardent que chacun, j'explique seulement mes choix, sans porter de jugement sur telle combinaison, mais tente de vous livrer au plus près mes impressions et le pourquoi de mes choix. Enfin, pour répondre à Brody, je possède cette petite (grosse?) merveille depuis 1 mois, le temps l'avoir laissée entre les mains de mon detailer préféré pour vous offrir des photos dignes du forum. J'ai rendez-vous demain chez Dominique du 78 (je ne sais pas si l'on cite ouvertement les intervenants professionnels, je vais relire la charte), de manière à rouler sans surprise, en la purgeant de tous les fluides, et en lui greffant les éléments indispensables de la jouissance : deux greffons Tubi accompagnés de leurs cata sports adéquats. Pour le moment, de très grandes satisfactions, un plaisir subtil, frais, délicat, et la sensation d'être le locataire d'une auto qui a marqué une génération par son coup de crayon retraçant les gênes de la marque, sa classe et sa force subtile.